How Schools kill creativity de Ken Robinson

Je fais enfin partie des presque 27 millions de personnes ayant visionné la célèbre vidéo TED (Technology, Entertainment and Design) de Ken Robinson. C’était sur ma ToDo depuis un moment.

Si vous ne l’avez pas encore vue, n’hésitez pas ! 20 minutes de rire garanti mais attention, ça ne s’arrête pas là !

Même si je connais déjà bien le style TED, j’ai quand même trouvé le début très lourd en anecdotes qui ne semblent mener nul part. J’ai failli m’ennuyer, car malgré les très bonnes blagues, je n’apprenais pas grand chose. Mais soudain, au bout de 10 minutes, c’est l’explosion. Pas de réelle révélation , mais une mise en mots très précise de certaines de mes pensées.

Notre système éducatif est basé sur la notion d’aptitude académique. […]Ces systèmes sont tous apparus pour satisfaire les besoins d’industrialisation. La hiérarchie est donc fondée sur 2 idées. Premièrement, que les sujets les plus utiles au travail sont au sommet. […] Le second point est que l’habilite académique, domine vraiment notre vision de l’intelligence, car les universitaires ont modelé le système à leur image. Si vous imaginez, l’ensemble des enseignements publiques à travers le monde c’est un long processus d’accès à l’université.

Et cela est loin d’être une blague, avez-vous entendu parler de cette thèse qui explique pourquoi les enfants de profs réussissent-ils mieux que les autres ? Et bien maintenant, c’est chose faite. Mais quand bien même, Ken Robinson enchaîne « Soudainement, les diplômes ne valent plus rien. » Aujourd’hui, un Master se retrouve avec un boulot anciennement dévolu à un détenteur d’une Licence, les doctorants n’arrivent pas tous à se caser.

« C’est un processus d’inflation académique. Et cela nous montre que le système éducatif en entier est en train d’évoluer sous nos pieds. Nous devons radicalement repenser notre vision de l’intelligence.« 

Et les MOOC dans tout cela ? Il est clair que les vidéos TED et le slogan « Ideas worth spreading » sont une source d’inspiration dans le mouvement des MOOC. La nuit dernière, j’ai rêvé que je mettais sur pied un MOOC pour préparer au DAEU (Diplôme d’accès aux études universitaires). Ce qui est, je l’admets, tout à fait contradictoire à ce que nous dit Ken Robinson mais pourtant, j’aurais ainsi l’impression d’aider certains à réaliser leur rêve. Et après toutes les anecdotes fournies par Ken, en voici maintenant une personnelle. Une amie de moins de 30 ans, trois enfants, aide-soignante, rêve de devenir infirmière. De fait, elle réalise en partie le travail des infirmières, mais n’a pas le droit de tout faire. En outre, ce qu’elle fait en plus des strictes tâches d’une aide-soignante n’est pas reconnu. Pourquoi ? Parce qu’elle n’a pas LE diplôme. Et n’ayant pas le bac, elle ne peut même pas songer avoir accès à une école d’infirmière, de si grand prix pour elle

Nous en arrivons maintenant au Numerus Clausus imposé aux étudiants en médecine : une honte sans nom « Les objectifs poursuivis par le numerus clausus sont détournés et ont un effet délétère : on bloque des jeunes en France qui voudraient exercer une profession médicale » (Source Article du Monde Avril 2014Ne pas hésiter à lire l’article de wikipédia à ce sujet et d’ailleurs, il faudrait rajouter un élément dans la liste des « limites » : Empêcher des personnes d’apprendre à soigner les gens, alors qu’ils y aspirent, juste parce que leurs notes, sans être mauvaises, sont moins bonnes que d’autres.

Allez, pour finir, une dernière citation entendue dans la vidéo de Ken Robinson :

« Si tous les insectes disparaissaient de la planète dans les 50 ans qui suivent, ce serait la fin de la Terre. Si tous les humains disparaissaient de la planète dans les 50 ans suivants, toutes les formes de vies floriraient. » Jonas Salk

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Une réflexion au sujet de « How Schools kill creativity de Ken Robinson »

  1. Oui, Manon, c’est triste cette école si inégalitaire et si formatée… Savez-vous que PISA n’a pas pour seule fin de fournir un classement aux pays de l’OCDE mais également, aux pays qui le demandent, de leur fournir un diagnostic plus fin ? Ils peuvent ainsi s’améliorer, comprendre, apprendre des autres. Seulement, voilà… Si l’Allemagne, la Finlande ont réagi dès 2001, si les Etats-Unis ont demandé une analyse, la France, elle n’a pas bougé…
    Ceux qui nous gouvernent ont usé leurs fonds de culottes sur les bancs d’une école verticale, hiérarchique, minéralisée qui ne donne pas droit à l’erreur. Une mauvaise note fait baisser la moyenne, un luxe qu’on ne peut se permettre pour intégrer tel lycée, puis telles études….
    Or la créativité nécessite l’exploration.
    Tant qu’on n’aura pas compris l’énergie de cet élan vital pour certains, l’utilité de l’erreur, qu’on continuera à bassiner nos enfants de « la curiosité est un vilain défaut », on entretiendra cette mise sous cloche plutôt que d’entretenir le feu.
    Chaque jour, j’essaie de rallumer le feu de jeunes qui ont peur mais qui ne demandent que ça; illustrer leurs intelligences d’une manière ou d’une autre et s’impliquer dans le monde. C’est possible ! Après tout, c’est l’anniversaire de la résistance aujourd’hui !
    Merci !
    http://www.parcoursduloupblanc.com/blog/education-et-enseignement-systeme-archaique/

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